Les Acadiens 1



La colonisation


Au cours du 17e siècle des colons français sont arrivés dans une région du Nouveau-Monde qu'ils ont nommé l'Acadie. Avec le passage des années les Acadiens ont adopté une mode de vie tout à fait unique qui s'exprimait dans leur langue, dans leurs mœurs et leurs coutumes.

Au début du 17e siècle la France cherchait à consolider son importance économique et politique en Amérique du Nord. Certains marchands influents ont reçu du roi des concessions de terre où ils devaient installer des colons. En échange, les concessionnaires avaient droit aux bénéfices de la pêche et de la traite des fourrures.

En 1630 le Sieur Isaac de Razilly, l'un de ces concessionnaires, s'est engagé à fonder un établissement sur la côte sud de l'Acadie, à La Hève, sur le site actuel de LaHave dans le comté de Lunenburg en Nouvelle-Écosse. Il a fait venir des cultivateurs du Poitou et des régions de Saint-Onge et Aunis, en tout environ 300 hommes et de 12 à 15 femmes.

La Hève était une base idéale pour la pêche, en raison de son port naturel et plusieurs bras de mer protégés. Cependant, ce n'était pas un site idéal pour l'agriculture, si nécessaire pour la survie des colons. Par conséquent, après la mort de Razilly en 1635, son successeur a fait déménager la colonie près de Port Royal, sur la côte de la baie française (aujourd'hui la baie de Fundy).

À la différence de la côte rocheuse de l'Atlantique la région de la baie de Fundy comprenait beaucoup de marais exposés aux marées. Ces terrains, sans arbres et sans roches, étaient parfaits pour l'agriculture une fois qu'ils étaient endigués pour empêcher l'inondation des marées.

Dès le début du 18e siècle des établissements acadiens se trouvaient tout au long de la baie de Fundy.

Le commerce

Même si les Acadiens subvenaient en grande partie à leurs propres besoins, il y avait quand même des objets et des denrées qu'ils ne pouvaient pas produire. Ils ont établi donc des liens économiques avec les colonies de la Nouvelle-Angleterre et avec d'autres colonies françaises. La Nouvelle-Angleterre les fournissait en mélasse, en chaudrons, en doloires, en pipes en terre, en poudre à canon, en étoffes et en rhum. De Louisbourg ils obtenaient du coton, du fil à coudre, de la dentellerie, des armes à feu et des objets religieux, qui provenaient tous de la France. En échange de ces articles les Acadiens offraient des grains récoltés de leurs terres fertiles, des bœufs engraissés du foin salé, et des fourrures qu'ils prenaient eux-mêmes ou qu'ils achetaient des Mi'kmaq. Les Acadiens, et les Acadiennes, aimaient fumer: la plupart de leurs pipes venaient de l'Angleterre, bien qu'ils se servaient parfois de l'argile locale pour fabriquer leurs propres pipes.

Cette illustration montre des objets découverts par des fouilles archéologiques dans des sites acadiens ainsi que des objets mentionnés dans le manifeste des navires marchands qui ont fait le commerce avec les Acadiens.

La vie communautaire

Comme d'autres peuples isolés les Acadiens connaissaient vivement l'importance de la vie communautaire et de l'entraide, et ils faisaient beaucoup de tâches ensemble, dont l'une des plus importantes était l'entretien des digues. Une autre, celle-ci très appréciée, s'imposait à l'occasion du mariage d'un jeune couple. Tout le village se réunissait pour défricher un terrain et pour construire une maison pour les mariés. C'était la fête: on travaillait ensemble, on mangeait ensemble et on s'amusait ensemble. Souvent, pour agrémenter l'occasion, on jouait du violon et de la bombarde.

Durant plus de cent ans les Acadiens, fortifiés par la profondeur de leur foi, ont réussi à jouir d'une vie assez indépendante au milieu de leurs grandes familles et de leurs communautés paisibles. Ils entretenaient de bonnes relations avec leurs voisins indiens, les Mi'kmaq, et ils tiraient profit de leurs échanges commerciaux avec la Nouvelle-Angleterre et les autres colonies françaises. De préférence ils vivaient à l'écart des deux grandes puissances coloniales, la France et l'Angleterre, car ils cherchaient à éviter toute confrontation avec eux. Cet isolement de l'influence des autorités coloniales, ajouté à l'aspect tout particulier des terres réclamées de la mer, ont aidé les Acadiens à développer et à conserver leur manière unique de vivre.



Les illustrations de ce texte sont tirées de l'œuvre d'Azor Vienneau, artiste au Musée de la Nouvelle-Écosse. Elles ont été faites pour une série de films éducatifs sur la vie des Acadiens avant la Déportation, qui s'intitule Premières terres acadiennes. Tous les détails sont exacts du point de vue historique et archéologique: le Musée a organisé récemment une fouille archéologique d'une ferme acadienne de l'époque pré-déportation à Belleisle en Nouvelle-Écosse.

Certaines des ces peintures, sous forme d'affiches en couleurs, sont en vente au Musée de la Nouvelle-Écosse.



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