La reproduction des pétroglyphes pour l'histoire

Il est très difficile de copier avec exactitude un pétroglyphe. En effet, les traits entaillés dans la pierre - les artistes semblent avoir eu une préférence pour le quartzite et le grès - sont souvent érodés par des années de pluie, de glace et d'intempéries qui estompent les contours. La plupart de ces reproductions ont été faites, pour la postérité, par décalquage sur du papier ou autre support, ou par la photographie. Souvent, on préparait le pétroglyphe, par une technique ou une autre, afin d'en rendre les contours plus distincts avant de faire la reproduction. La technique du décalquage a l'avantage de donner une reproduction de même taille que l'original. Les photos, par contre, peuvent induire en erreur si l'échelle n'est pas donnée. Il existe une troisième méthode, la plus exacte, qui consiste à faire un moule de la sculpture rupestre.


Décalquage :
George Creed a utilisé la technique du décalquage. Il examinait d'abord la surface rocheuse, repassait au crayon bleu à l'aniline les traits qu'il jugeait importants, puis appliquait un papier humide sur le tracé. L'humidité du papier transférait la teinture du crayon sur le papier. Il obtenait ainsi, sur le verso du papier, une image inverse de l'original. Tous les décalques obtenus par Creed sont donc des images inverses des pétroglyphes qu'il a reproduits, mais toutes les images qui figurent ici ont été ré-inversées et représentent donc fidèlement les images, telles qu'elles ont été sculptées dans la roche.

De nos jours, pour décalquer, on se sert d'un matériau transparent, comme le mylar. On place une feuille de mylar sur le pétroglyphe et on suit les lignes de la sculpture avec un stylo à encre, ce qui donne une image fidèle. Cette reproduction d'un pétroglyphe ancien, peut-être gravé à l'aide d'un outil en pierre, trouvé à Bedford (Nouvelle-Écosse), a été faite par Ruth Holmes Whitehead, ethnologue au Musée de la Nouvelle-Écosse.

 

Photographie :
Arthur et Olive Kelsall, d'Annapolis Royal (Nouvelle-Écosse), ont photographié un grand nombre des pétroglyphes du parc Kejimkukik entre 1946 et 1955. Ils ont ainsi créé les premières archives photographiques de l'art rupestre mi'kmaw. Les Kelsall repassaient les traits des sculptures à l'encre blanche, afin de les faire ressortir sur la roche, de couleur plus foncée, créant ainsi une image austère mais nette.

Depuis, Parcs Canada et le Musée de la Nouvelle-Écosse ont catalogué et photographié les pétroglyphes du parc Kejimkujik et du lac McGowan, en Nouvelle-Écosse. Le photographe recouvre d'abord les pétroglyphes d'encre blanche ou de gouache diluée. Il contrôle l'éclairage afin d'obtenir les meilleurs résultats; l'éclairage est projeté sur le côté de l'image, ce qui fait ressortir les ombres des traits, plutôt que d'en haut. Le photographe peut donc mieux voir le pétroglyphe. Afin d'éviter l'interférence de la lumière solaire, les sculptures sont recouvertes de peinture la nuit, puis photographiées pendant le jour, à la lumière naturelle.

 

Moulage :
Cette technique permet d'obtenir une très bonne copie, qui reproduit la taille et la texture de l'original. On utilise généralement du latex. Le moule en latex peut ensuite être recouvert de cuivre par galvanoplastie, ce qui donne un moule en métal. Cette technique est d'une grande exactitude et permet d'obtenir une copie permanente de l'image. Parcs Canada a ainsi reproduit de nombreux pétroglyphes de Kejimkujik.


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