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Musée de la Nouvelle-Écosse


Maçonnerie en pierre

Quand on examine une construction en pierres, il convient d'observer les quelques points suivants :

  • D'où vient la pierre? La carrière dont elle est extraite se trouve-t-elle tout près ou a-t-il fallu aller la chercher assez loin? Se rappeler qu'au dix-neuvième siècle, le transport était souvent difficile ; plus la source d'approvisionnement du chantier était rapprochée, mieux c'était. Les matériaux très en demande, comme le grès des régions de Wallace et de Pictou, étaient expédiés régulièrement par voie d'eau à d'autres endroits de la province et de la Nouvelle-Angleterre. Les anciens de la place savent peut-être où on pouvait se procurer de la pierre dans les environs, et les cartes géologiques indiquent souvent l'emplacement d'anciennes carrières. Une visite de ces lieux permettra à l'observateur de reconnaître la pierre locale utilisée en ville pour la construction d'immeubles anciens.

  • Comment a-t-on posé la pierre dont un mur est construit? Si la pierre a été équarrie et posée en rangées droites et uniformes, il s'agit d'un mur en pierres de taille. Si on s'est servi de moellons très inégaux et non assisés, il s'agit de maçonnerie en opus incertum.

  • S'est-on donné beaucoup de mal pour tailler la pierre? Certaines pierres sont beaucoup plus faciles à tailler que d'autres. Tailler du grès, par exemple, est beaucoup plus facile que tailler du granit. Pendant presque tout le dix-neuvième siècle, on taillait la pierre à la main ; un parement lisse ou décoratif exigeait beaucoup de travail et, par conséquent, coûtait cher.

  • Le mortier lie les pierres les unes aux autres et c'est également un coussin sur lequel elles reposent. Le mortier apparent s'appelle le joint. Il y a diverses sortes de joints (concaves, en retrait, saillants, débordants, etc.) qui soulignent la façon dont la pierre est posée. En règle générale, plus le joint est mince, plus la maçonnerie est fine, car il a fallu soigner la taille de façon que la surface des pierres soit très unie afin qu'elles s'ajustent étroitement. Jusqu'à la fin du dix-neuvième siècle, le mortier était ordinairement un mélange de chaux et de sable. Plus tard, la chaux fut remplacée par le ciment portland, qui était beaucoup plus dur. La couleur du sable utilisé dans le mélange déterminait la couleur du mortier.

    On peut donner au parement des pierres de taille divers finis décoratifs, dont celui qui est illustré ici, l'un des plus compliqués à réaliser. Quand les arêtes sont chanfreinées, on dit que la pierre est rustiquée. Quand la surface semble avoir été rongée des vers, on dit qu'elle est vermiculée. On a appliqué aux pierres de taille de notre illustration les techniques du rusticage et du vermiculage.


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