À la recherche des Loyalistes noirs
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Des conditions difficiles pour les Loyalistes noirs

 Cimetière : Upper Big Tracadie  
Cimetière : Upper Big Tracadie
Photo : Ruth Holmes Whitehead,
Musée de la Nouvelle-Écosse
 

Les Loyalistes durent donc repartir à zéro dans un nouveau pays. Ce fut difficile pour les Loyalistes blancs, mais encore plus pénible pour les Loyalistes noirs. La Nouvelle-Écosse, dirigée par le gouverneur Parr, n'était pas prête à recevoir autant de nouveaux arrivants. En outre, beaucoup d'entre eux arrivèrent vers la fin de l'automne et n'eurent pas le temps de défricher, de se construire une maison ni de faire de semailles. Ils durent donc passer l'hiver sous la tente ou dans des huttes de fortune dans la forêt dense. Certains construisirent des maisons semi-souterraines.

Les Anglais avaient promis des terres et des vivres pour trois ans aux Loyalistes noirs. Les familles devaient recevoir 100 acres pour le chef de famille et 50 acres pour chaque autre membre du ménage (épouse, fils, fille, servant, servante). Les officiers devaient recevoir 1000 acres chacun et les soldats 100 acres., mais il n'en fut pas ainsi. Sur 649 Noirs, seuls 187 reçurent des terres. Les miliciens «Black Pioneers» reçurent très peu de terres et certains ne reçurent rien du tout. La seule exception fut le colonel Blucke, qui reçut 200 acres de terres à Birchtown, mais seulement au bout de quatre ans.

 

 Carte du port de Tracadie

 
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Dans les premières années de la colonisation, au XVIIIe siècle, le nom Tracadie désignait une vaste région, qui est de nos jours divisée en plusieurs localités : Tracadie, Big Tracadie, Monastery, Rear Monastery, East Tracadie et Upper Big Tracadie. La concession Brownspriggs se trouvait presque entièrement à Tracadie, Monastery et Rear Monastery.

Les Loyalistes noirs qui durent quitter Port Mouton pour Chedabucto se lassèrent de ne pas avoir de terres et, en 1787, soixante-quatorze d'entre eux signèrent une pétition que leur représentant, Thomas Brownspriggs, remit au gouvernement. En septembre de la même année, 74 familles de loyalistes noirs avaient reçu 3000 acres de terres à Tracadie, autour de l'entrée du port de Tracadie, dans ce qui était à l'époque le comté de Sydney et qui représente de nos jours les comtés de Guysborough et d'Antigonish.

La majorité des Loyalistes noirs ne pouvaient vivre de l'agriculture, soit parce qu'ils n'avaient pas de terres, soit parce que leurs terres ne se prêtaient pas à la culture. Ceux qui avaient un métier (les forgerons, boulangers, cordonniers, charpentiers, enseignants, ministres du culte, chaudronniers, constructeurs de bateaux, blanchisseuses, couturières, tailleurs, militaires, sages-femmes, domestiques, cuisiniers, serveurs, marins, médecin (un), pilotes de bateaux et navigateurs) avaient plus de chances de gagner leur vie, tant bien que mal.

Toutefois, les travailleurs noirs étaient moins payés que les blancs, ce qui n'était pas sans problèmes. En juillet 1784, un groupe de soldats blancs libérés détruisirent les maisons de 20 Loyalistes noirs affranchis à Shelburne, parce que les Loyalistes noirs travaillaient à un tarif moindre que les Blancs et « prenaient » ainsi le travail des colons blancs; ce fut la première émeute raciale au Canada.

Parmi ceux qui n'avaient pas de métier, beaucoup durent « s'engager » ou engager leurs enfants chez un maître pour survivre. Or, les engagés noirs n'étaient guère mieux traités que les esclaves.

À cette époque, l'esclavage était encore légal - et pratiqué - en Nouvelle-Écosse. Ce n'est qu'en 1834 que l'esclavage fut aboli dans l'empire britannique et qu'il fut interdit d'acheter ou de vendre des êtres humains. Les Loyalistes noirs vivaient dans la crainte d'être enlevés et vendus aux États-Unis ou aux Antilles par des négriers qui passaient parfois le long des côtes de la Nouvelle-Écosse. Par ailleurs, le climat de la Nouvelle-Écosse ne se prêtant pas à l'économie de plantations, beaucoup de Loyalistes blancs abandonnèrent leurs esclaves, qu'ils n'avaient plus les moyens de nourrir.

La pauvreté, les épidémies et la souffrance étaient le lot des Loyalistes noirs, dont beaucoup succombèrent aux rigueurs de l'hiver, à la maladie et à la malnutrition. Les récits de l'époque - écrits par des Loyalistes noirs et d'autres personnes - nous révèlent à quel point la vie était difficile pour ces nouveaux Néo-Écossais.

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