À la recherche des Loyalistes noirs
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Avancer : Les communautés noires en Nouvelle-Écosse

Qui étaient les Loyalistes noirs?

Les Loyalistes noirs sont arrivés en Nouvelle-Écosse entre 1783 et 1785, fuyant la Révolution américaine. C’est le groupe le plus important d’immigrés d’origine africaine qui soit jamais arrivé en Nouvelle-Écosse.

   Boutons de régiment
  Boutons de régiment.
Photo : Richard Plander,
Musée de la Nouvelle-Écosse.

En 1775, le contrôle qu’exerçait le gouvernement britannique sur les taxes et sur certains aspects de la vie dans les colonies suscitait un mécontentement grandissant dans les colonies britanniques d’Amérique du Nord. Les pionniers voulaient avoir leur mot à dire, mais ils n’étaient pas représentés au Parlement de Londres. N’ayant pu s’entendre avec l’Angleterre, ces colons déclarèrent l'indépendance des colonies, et la guerre de l’Indépendance américaine (aussi appelée la Révolution américaine) s’ensuivit.

Nombre de gens d’origine africaine, amenés de force dans les colonies comme esclaves, et leurs descendants furent alors pris dans ce conflit. En effet, vers la fin du XVIIe siècle et au XVIIIe siècle, les Anglais avaient établi des plantations de riz, d’indigo et de tabac dans le sud de l’Amérique du Nord, plantations qu’il fallait énormément de main-d’œuvre pour exploiter. Pour réduire les coûts, les planteurs utilisaient des esclaves. Au début, ils avaient asservi des Amérindiens, mais par la suite, ils utilisèrent principalement des Africains.

Dans les colonies du Nord, les esclaves étaient ouvriers agricoles, domestiques ou bien ouvriers spécialisés (dans l’exploitation forestière, les mines, la construction des routes, les forges, la cordonnerie, le tissage, la filature).

En 1775, l’économie de la Virginie reposait sur une main-d’œuvre esclave. Lorsque la colonie fut prise par les rebelles pendant l’été de cette année-là, le gouverneur royal, Lord Dunmore, proclama que tous les esclaves et serviteurs engagés seraient affranchis s’ils prenaient les armes aux côtés des Anglais, contre les rebelles. Deux mille esclaves et «engagés» joignirent alors les forces britanniques. Des sympathisants britanniques émirent des proclamations semblables par la suite.

Voyant que les Anglais perdaient la guerre, le commandant en chef des forces britanniques à New York, sir Henry Clinton, proclama (proclamation de Philipsburg) que tous les esclaves noirs qui déserteraient la cause des rebelles recevraient une protection totale, leur liberté et des terres. On estime que plusieurs milliers d’esclaves d’origine africaine se rangèrent ainsi aux côtés des Anglais.

Après la guerre, gagnée par les Américains, et la signature du traité de Paris, les forces britanniques et leurs sympathisants durent quitter les États-Unis. Ils furent rassemblés à New York en attendant d’être évacués. Pendant ce temps, les Américains tentèrent de se faire restituer leurs biens(leurs esclaves). Le nouveau commandant en chef britannique, sir Guy Carleton, refusa, comme le demandait George Washington, de rendre aux Américains les esclaves qui s’étaient rangés aux côtés des Anglais avant le 30 novembre 1782. Il fut convenu que les Américains seraient indemnisés en argent.

   Certificat d'affranchissement
  Certificat d'affranchissement, 1783
Nova Scotia Archives and
Records Management.

La commission anglo-américaine identifia les Noirs qui étaient entrés dans les rangs britanniques avant la reddition et leur remit à chacun un «certificat d’affranchissement», signé par le général Birch ou le général Musgrave. Ceux qui décidèrent d’émigrer furent évacués par bateau. Afin qu’aucun Noir en attente d'émigration ne puisse partir sans certificat d’affranchissement, la commission consigna dans un registre, appelé le Book of Negroes, le nom de tous les Noirs (esclaves, engagés ou libres) qui se trouvaient à bord des navires, ainsi que les dates de leur asservissement, de leur évasion et de leurs services militaires.

D’avril à novembre 1783, 114 navires furent inspectés dans le port de New York, mais bien d’autres (on n’en connaît pas le nombre) quittèrent New York et d’autres ports avant et après ces dates. Il y a plus de 3000 Loyalistes noirs dans le Book of Negroes, mais un nombre bien plus important de Noirs – peut-être 5000 – ont quitté New York pour la Nouvelle-Écosse, les Antilles, le Québec, l’Allemagne ou la Belgique.

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