Le
Balbuzard lauréat
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Saviez-vous que les Balbuzards...
plongent pattes premières
sur plus de 40 mètres pour saisir un poisson dans l'eau
peuvent refermer leurs serres en
2/100 de seconde
ont un doigt opposable rotatif
qui peut saisir les objets par l'avant ou par l'arrière
ne se nourrissent que de poisson
vivant, à de rares exceptions près
se secouent pour s'assécher,
comme le font les chiens, mais en plein ciel
s'unissent pour la vie, mais
« divorcent » parfois s’ils n’ont pas de couvée
sont une société
où la femelle choisit le mâle pour ses qualités
« foncières »
(solidité du nid et surtout son emplacement !)
peuvent construire des nids de
rechange « par dépit » lorsqu'un couple perd ses œufs
ou ses petits
ont, à l’occasion, utilisé
des cerceaux, des poupées de chiffon et des bateaux jouets pour
construire leur nid (et amuser leurs enfants ?)
s’habituent facilement aux activités
ambiantes comme la circulation routière
privent leurs jeunes de nourriture
pour les encourager à partir
visitent parfois, dès qu'ils
ont toutes leurs plumes, le nid des voisins pour se faire nourrir
Retrouvez ces détails
et bien d'autres encore dans le livre de Alan Poole, Ospreys: A Natural
and Unnatural History, Cambridge University Press, 1989
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La Nova Scotia Bird Society s’est
avisée à la fin des années 1970 que la Nouvelle-Écosse
était la seule province qui n’avait pas encore désigné
son oiseau provincial. Nous étions bien représentés
en botanique, avec la fleur de mai comme emblème floral et l’épinette
comme arbre officiel, et le moment était venu d’agir. Une lettre
au premier ministre Buchanan décrivant « ce triste état
de choses » a déclenché un ralliement à la recherche
de l’oiseau distinctif de la Nouvelle-Écosse.
L'affaire a suscité
énormément d’intérêt dans le public et les médias.
Les salles de presse de toute la province ont été inondées
de courrier des lecteurs et le bulletin de nouvelles du matin à
Radio-Canada a orchestré un sondage. Si une enquête du Chronicle-Herald
en 1990 semblait favoriser le Geai bleu, les répondants au sondage
de Radio-Canada ne juraient que par le Balbuzard. Les autres espèces
à avoir obtenu des suffrages sont le Bruant à gorge blanche,
le Mésangeai du Canada, le Plongeon huard et la sous-espèce
du Bruant des prés propre à l’île de Sable, le Bruant
d’Ipswich.
En 1990, le Musée d’histoire
naturelle de la Nouvelle-Écosse a établi le Groupe de travail
sur l’oiseau provincial qui, prenant la relève de Radiio-Canada,
a lancé une campagne pour désigner le Balbuzard à
titre de symbole aviaire. Quelque 70 groupes de défense de
la faune et de l’environnement et d’autres personnalités ont été
invités à présenter leurs commentaires. En voici un
aperçu :
« C’est le symbole d’une
espèce qui se remet d’une situation précaire. »
— Bernice Moores, Halifax Field Naturalists
« Il s’adonne à
la pêche dans les cours d’eau et les bras de mer de la province en
allant son petit bonhomme de chemin. » — R.H. Parker, New Glasgow
« On le voit rarement
pendant la saison froide ! Comme bien des Néo-Écossais,
il passe ses hivers en Floride. » — Sean Smith, pour le CHRHS
« Il n’est pas essentiel
que l’oiseau provincial soit une espèce spectaculaire, qui attire
l’attention des foules. » — A.B. (Bud) Inglis, président,
Halifax Wildlife Association, accordant la préférence au
Mésangeai du Canada
« C’est une espèce
calomniée qui ne mérite pas la mauvaise réputation
qu’on lui a faite. » — Peter Hope, interprète en chef,
parc national Kejimkujik, qui lui préfère le Goéland
marin
Dans l’ensemble, le choix du
Balbuzard pêcheur a été applaudi par les répondants
et le Groupe de travail s’est senti en confiance pour présenter
une recommandation au premier ministre. Le 30 mai 1994, le Balbuzard pêcheur
devenait officiellement l’oiseau provincial de la Nouvelle-Écosse,
par décret du ministre des Ressources naturelles, Don Downe.
Éviter
les pannes et sauver les Balbuzards
Vous les avez sans doute déjà
vus le long de la Transcanadienne — monceaux de brindilles et de branches
haut perchés sur des poteaux d'électricité. L'été,
vous pourriez même apercevoir une ou deux petites têtes qui
dépassent, attendant avidement leur repas. Le Balbuzard aime construire
son aire monumentale en hauteur, avec vue dégagée. Les poteaux
d'électricité lui semblent donc tout indiqués, sans
savoir qu'ils font peser des menaces mortelles d'incendie et d'électrocution.
Une branche qui tombe suffit
parfois à causer un court-circuit et une panne d'électricité.
Les balbuzards eux-mêmes, surtout les jeunes encore maladroits, peuvent
mettre deux fils en contact et provoquer un court-circuit. La panne qui
en résulte, naturellement, coûte cher aux résidents
et commerçants touchés, sans compter que l'accident est fatal
pour l'oiseau. Mais les balbuzards jouissent de la sympathie du public,
ce qui a favorisé la coopération entre les compagnies d'électricité
et les groupes de protection de la faune pour la transplantation des nids.
Les études ont montré qu'il ne suffit pas d'enlever le nid
pour régler le problème car les balbuzards reconstruisent
généralement au même endroit. On peut, bien sûr,
au moyen de morceaux de bois et d'autres matériaux, faire obstacle
à la construction d'un nid, mais aux endroits où les sites
de nidification sont peu nombreux, il est plus utile d'intervenir positivement.
On peut pour cela déplacer le nid à un endroit moins dangereux
sur le même pylône ou encore ériger un poteau avec plate-forme.
Une étude réalisée en 1986 par la compagnie d'électricité
Nova Scotia Power en collaboration avec le ministère provincial
des Terres et des Forêts conclut que les balbuzards adoptent volontiers
un site de rechange. Le rapport, intitulé Osprey Nesting on Transmission
Lines, sert maintenant de guide aux autres provinces et pays qui souhaitent
à la fois éviter les pannes et sauver les balbuzards.
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