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La
science des traces -- L'ichnologie |
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" Aucune branche de l'investigation criminelle n'est
aussi importante ni aussi négligée que l'art du dépistage. "
-- Sir Arthur Conan Doyle, créateur de Sherlock Holmes,
1891.
Cette déclaration pourrait tout aussi bien se rapporter à
l'ichnologie, la science des traces et des empreintes. Les
traces sont beaucoup plus abondantes que les restes osseux
et dans bien des cas, on ne connaît que les traces des animaux
disparus. Un animal laissera peut-être des millions d'empreintes
de pas mais seulement un squelette.
Les empreintes nous en disent long sur la posture et le mode
de locomotion de leur auteur- c'est-à-dire la façon dont il
se tenait debout, marchait, courait ou bien même nageait.
Les paléontologues peuvent identifier le type d'animal à l'origine
des empreintes en examinant la piste faite par cet animal.
Par exemple, les empreintes faites par un amphibien sont larges
et les pas sont notablement rapprochés, indiquant la mobilité
réduite de ces créatures sur la terre ferme. Les empreintes
de reptiles sont généralement plus étroites et la distance
entre les pas plus grande comparées aux empreintes d'amphibiens,
indiquant un moyen de locomotion plus efficace.
Il est possible de faire la distinction entre les principaux
groupes d'animaux selon les formes du pied qui les caractérisent,
mais il est difficile, sinon impossible, d'identifier de manière
précise l'animal à l'origine d'une empreinte donnée. L'un
des problèmes est que les os du pied sont petits et qu'ils
sont rarement retrouvés. Pour cette raison, on désigne les
empreintes par leur propre nom. Les animaux identifiés par
leur empreinte de pied sont désignés sous le nom d'ichnofaune.
Souvent, l'empreinte et l'animal qui l'a fait portent un nom
différent.
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Le
comportement et le milieu |
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Les
empreintes offrent des aperçus exceptionnels et inestimables
du comportement d'animaux disparus. Elles révèlent des renseignements
sur la vie des anciens animaux que les restes squelettiques
ne peuvent pas montrer. La fréquence des empreintes peut être
un outil de recensement de la population et offre un aperçu
de l'ancien écosystème. Des empreintes de tetrapodes zigzaguant
entre des souches de Walchia en sont un bon exemple.
Il est possible de calculer la vitesse d'un animal en étudiant
la disposition et l'espacement de ses empreintes de pas. Les
empreintes nous fournissent également de l'information sur le
milieu dans lequel vivaient leurs auteurs. En particulier, la
profondeur des empreintes est une bonne indication de la teneur
en eau dans le sol et elle peut également servir à déterminer
l'inclinaison de l'ancien paysage, la position de l'ancien rivage,
et lorsqu'il s'agissait d'empreintes sous-marines, la direction
du courant. Souvent, les empreintes se trouvent dans les plaines
de boue au bord des lacs.
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Produire
une impression |
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Pour que l'ancien animal puisse laisser des traces, des conditions
idéales devaient être en place avant et après
son passage. Le sol devait être mou. Habituellement, il
s'agissait d'une surface vaseuse. Le poids de l'animal faisait
que ses empreintes de pied restaient imprimées dans la
vase (A). Les empreintes étaient ensuite cuites par le
soleil jusqu'à ce qu'elles soient complètement
sèches et dures.
Les empreintes doivent alors se remplir d'une autre couche de
sédiments (B). Il est important pour la conservation
de l'empreinte que les deux couches soient de consistance différente.
Éventuellement, la piste a été recouverte
de nombreuses couches de sable et de vase. Sous le poids de
ce matériaux, la vase et le sable se sont pétrifiés
en pierre sur une période de plusieurs millions d'années.
Durant le processus inverse, sous l'effet de l'érosion
par l'eau et le vent, les empreintes ont été mises
à nu. La partie creuse de l'empreinte est appelée
le moulage naturel. Le moule naturel est la partie renflée
qui occupait le creux laissé par l'empreinte. Le moulage
devient visible lorsqu'il y séparation entre les deux
couches (C). |
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