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MARÉE ROUGE (MARÉE ROUGE)

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Les empoisonnements causés par les plantes ne sont pas tous le fait de plantes terrestres. Il est bien connu que certaines algues marines microscopiques sont toxiques et provoquent l'empoisonnement des malheureuses personnes qui consomment des mollusques contaminés.

La marée rouge est un phénomène que l’on observe depuis des milliers d’années. C’est sans doute la Bible qui en a parlé pour la première fois. Dans l’Exode (chapitre 7, versets 20 et 21), il est écrit : « ... et toutes les eaux qui sont dans le Fleuve se changèrent en sang. Les poissons du Fleuve crevèrent et le Fleuve s'empuantit; et les Égyptiens ne purent plus boire l'eau du Fleuve; il y eut du sang dans tout le pays d'Égypte. » La mer Rouge n’est pas de couleur rouge mais tire probablement son nom de l’apparition annuelle de cyanobactéries de cette couleur. Il n’est donc pas surprenant qu’il est interdit aux musulmans et aux juifs de consommer des crustacés, et dans une certaine mesure, à certaines sectes chrétiennes.

Les dangers associés à la consommation de crustacés contaminés sont depuis fort longtemps connus de tous. L’auteur anglais, Henry Buttes, a d’ailleurs écrit à la fin du 16e siècle dans son livre intitulé Dyets Dry Dinner, une phrase qui est depuis devenue célèbre :« Il est déraisonnable et malsain de consommer des huîtres pendant les mois dont le nom ne comporte pas la lettre R. », faisant ainsi référence à la toxicité des crustacés pendant la période de l’année où apparaissent les cyanobactéries en question.

Au 17e siècle, des explorateurs avaient remarqué que les amérindiens vivant dans le bassin du Saint Laurent évitaient de consommer des crustacés pendant certaines périodes de l’année. En 1776, certains membres de l’équipage du capitaine Cook tombèrent malades après avoir consommé des poissons contaminés provenant des récifs de Tahiti.

Au Canada, le premier cas d’intoxication fut signalé en 1793 et se produisit pendant l’expédition du capitaine George Vancouver, dans l’actuelle Colombie-Britannique. En effet, John Carter, membre de l’équipage, succomba à un empoisonnement suite à la consommation de moules contaminées. Son décès, daté du 17 juin, fut consigné dans le journal d’Archibald Menzies, chirurgien et naturaliste, et membre de l’expédition.

En 1987, des moules cultivées de l’Île-du-Prince-Édouard, contaminées aux diatomées Pseudo-nitzschia multiseries, furent responsables à Montréal du décès de trois personnes et de l’empoisonnement de 100 autres. Cet incident menaça alors la culture des moules à l’Î.-P.-É. Les consommateurs ont depuis repris confiance, notamment grâce à une surveillance et des tests réguliers permettant d’assurer leur non-toxicité.


Intoxication par phycotoxine amnestique (ASP)

Pseudo-nitzschia

Des scientifiques du Conseil national de recherches Canada ont démontré que les pseudo-nitzschia multiseries sont responsables des empoisonnements qui se sont produits à Montréal en 1987. L’on a en effet découvert pour la première fois qu’une diatomée pouvait produire des toxines. L’on sait maintenant que certaines espèces de diatomées peuvent produire ces composés.


Intoxication par phycotoxine diarrhéique (DSP)

Prorocentrum lima

Organisme responsable : En 1990, 13 personnes de l’est de la Nouvelle-Écosse furent intoxiquées par phycotoxine diarrhéique. Contrairement aux cas d’empoisonnement qui s’étaient déjà produits en Europe et au Japon, cette intoxication fut causée par la toxine Prorocentrum lima plutôt que les espèces classiques de dinophysistoxine. C’est la première fois qu’une espèce de Prorocentrum fut mise en cause.


Intoxication par phycotoxine paralysante (PSP)

Alexandrium tamarense

Organisme responsable : Les effets de l’intoxication par phycotoxine paralysante sont connus depuis des siècles. Ces nombreuses toxines sont produites par des espèces d’Alexandrium, le plus répandu et le puissant étant la saxitoxine.

De nombreuses nouvelles toxines ont été découvertes en Nouvelle-Écosse depuis la fin des 1980, dont les spirolides (SPX), les pectenotoxines (PTX), les azaspiracides (AZA) et les yessotoxines (YTX). Aucun cas d’empoisonnement à ces toxines n’a pour l’instant été signalé. Les normes de surveillance qui ont été mises en place nous permettent de veiller à ce que les crustacés soient propres à la consommation.

L’on se préoccupe de plus en plus des espèces d’eau douce qui produisent des toxines comme les saxitoxines, les cyanotoxines et les microcystines, lesquelles pourraient contaminer les réserves d’eau potable. À l’instar des champignons vénéneux, la connaissance des algues toxiques est incomplète, puisque l’on découvre encore de nouvelles espèces.


Mesures de sécurité publique

Mesures de sécurité publique

Au Canada, les crustacés d’élevage sont sans danger pour la santé parce que l’Agence canadienne de l’inspection des aliments (ACIA) a mis en place un certain nombre de mesures de surveillance rigoureuses. De nos jours donc, seules les moules, palourdes et huîtres ramassées sur les plages de la Nouvelle-Écosse sont responsables d’empoisonnements.

Étant donné qu’il est impossible de déterminer à l’œil si un crustacé est contaminé, le Canada effectue depuis 1943 des tests en laboratoire très importants sur la toxicité des crustacés. Dès qu’un de ces tests permet de détecter la concentration d’algues toxiques, l’ACIA met alors des avis sur les plages et les estuaires visés interdisant au public de ramasser les crustacés qui s’y trouvent. En Nouvelle-Écosse, ces avis sont particulièrement nombreux pendant les mois d’été, et il est dangereux de les ignorer.


ENDROIT OÙ L'ON RETROUVE LA PLANTE TOXIQUE

Ces algues sont de minuscules plantes unicellulaires qui, comme les plantes terrestres, capturent et utilisent l'énergie solaire pour pousser. La croissance des algues est un processus vital essentiel étant donné que c'est la première étape du transfert d'énergie solaire aux réseaux alimentaires aquatiques. Les algues marines, dont le nombre de variétés est énorme, sont habituellement soumises à des cycles de croissance et de décomposition. Ces organismes croissent et se multiplient surtout au printemps et en été à cause de l'intensité lumineuse accrue, des taux favorables de salinité et de la quantité d'éléments nutritifs dans l'océan. Durant la période de croissance, ou de prolifération (efflorescence), chaque algue unicellulaire se multiplie par millions deux ou trois fois par semaine.

Pendant la folie reproductive de l'efflorescence, les eaux océaniques chaudes et peu profondes ont tendance à changer de couleur à cause de l'immense concentration d'algues qui cherchent le soleil. Ce changement de couleur est causé par les pigments que les plantes utilisent pour emmagasiner la lumière du soleil. Selon l'espèce d'algue présente, l'eau peut prendre une teinte rose, violette, orange, jaune, bleue, verte, brune ou rouge. Étant donné que le pigment le plus commun est rouge, le phénomène est maintenant connu sous le nom de marée rouge.

La reproduction de ces algues peut être tellement importante que cela provoque une diminution de l’oxygène présent dans l’eau, tuant ainsi des poissons et autres organismes. Il arrive parfois que des algues flottantes empêchent le soleil d'atteindre les lits de zostère marine, détruisant l'habitat des mollusques. Dans les piscicultures, les concentrations d'algues peuvent tout simplement boucher les branchies des poissons et provoquer une insuffisance respiratoire.

Deux espèces du genre Alexandrium sont connues en Nouvelle-Écosse pour provoquer des empoisonnements par paralysie : Alexandrium tamarense et Alexandrium fundyense, cette dernière tirant son nom de la très célèbre baie dans laquelle elle est présente. Il existe d’autres espèces d’algues qui produisent des toxines paralysantes, mais on ne les retrouve pas en Nouvelle-Écosse.

Cette photo représente la toxine appelée Prorocentrum lima, cellule microscopique qui produit des poisons pouvant provoquer l’apparition de symptômes ressemblant à ceux de la grippe. Bien qu’il s’agisse d’une espèce flagellée qui nage maladroitement et que l’on retrouve le plus souvent sur des plantes, des rochers ou des sédiments.


TYPE DE TOXINE

La plupart des espèces qui contribuent à la formation d'efflorescences d'algues sont sans danger, mais certaines espèces produisent des toxines dangereuses. De plus, certaines espèces ne connaissent pas d’efflorescence mais sont toxiques à des concentrations très faibles (quelques centaines de cellules par litre). Ces toxines ne posent aucun danger pour les filtreurs comme les mollusques, lesquels se nourrissent de microalgues. Cependant, pour les animaux se situant plus en aval de la chaîne alimentaire, y compris pour les êtres humains, ces toxines peuvent favoriser l’apparition de maladies gastrointestinales et neurologiques et peuvent être mortelles.


SCÉNARIO TYPE DE CONTACT AVEC LA PLANTE TOXIQUE

Consommer des mollusques contenant des algues toxiques, ignorant ainsi les avis placés sur les côtes par les autorités.

Il n’y a aucune différence de goût ou d’apparence entre les fruits de mer contaminés et ceux qui ne le sont pas. L’on ne peut pas se débarrasser de ces toxines en faisant cuire les aliments ou en les congelant. La plupart de ces dernières s’accumulent dans les viscères (organes internes) des poissons et des fruits de mer. En général, les poissons contaminés peuvent être consommés si on en retire les viscères. Les moules, huîtres et palourdes sont toutefois consommées en entier et peuvent donc provoquer des empoisonnements alimentaires si elles ont été contaminées. En général, les pétoncles ne causent pas d’empoisonnement alimentaire puisque seul le muscle adducteur est consommé; il s’agit du muscle qui permet à la pétoncle d’ouvrir et de fermer sa coquille.


SYMPTÔMES

Intoxication amnésique par les mollusques : L’acide domoïque, responsable de l’intoxication amnésique par les mollusques, est un acide aminé potentiellement mortel. En effet, cet acide s’attache aux récepteurs chimiques des cellules du cerveau entraînant ainsi leur dysfonctionnement. Entre 3 à 5 heures peuvent s’écouler avant que les premiers symptômes n’apparaissent, à savoir de la nausée, des vomissements, de la diarrhée et des crampes abdominales, lesquels sont rapidement suivis par des étourdissements, une désorientation et une perte de la mémoire à court terme. Dans les cas les plus graves, la personne peut tomber dans le coma et mourir. La perte de mémoire à court terme est permanente, d’où le nom de ce type d’empoisonnement.

Intoxication diarrhéique par les mollusques: L’acide okadaïque et ses composés provoquent des problèmes intestinaux graves 30 minutes à 1 heure après avoir consommé des fruits de mer contaminés (rarement plus de 12 heures). Les symptômes de ce type d’empoisonnement sont les suivants : diarrhée, nausée, vomissements et douleurs abdominales. Ce type d’intoxication ne met pas en danger la vie des personnes concernées, même si les diarrhées aiguës doivent être traitées pour empêcher la déshydratation et certaines autres complications. Il faut environ trois jours pour se rétablir complètement.

Intoxication paralysante par les mollusques : Il s’agit de toxines qui s’attaquent au système nerveux. Les symptômes apparaissent rapidement, parfois entre 15 et 30 minutes après avoir consommé des fruits de mer contaminés, et dans la plupart des cas dans un délai de 2 heures. L’intoxication se manifeste d’abord par de légers picotements et un engourdissement autour des lèvres, lesquels s’étendent ensuite au visage, aux bras et aux jambes. Certains autres symptômes peuvent se manifester comme les maux de tête, les étourdissements, la nausée et le manque de coordination musculaire. Certains patients ont l’impression de « flotter ». Dans le cas de consommation importante des toxines en question, la mort survient par asphyxie ou paralysie respiratoire. Cependant, grâce à une prise en charge médicale adéquate, les victimes de ce type d’intoxication se rétablissent complètement sans conséquences durables.


INFORMATION SUR LE TYPE DE TOXINE

Poisons des crustacés

Les crustacés (moules, palourdes, huîtres et pétoncles) produisent des bactéries toxiques quand elles consomment certaines espèces d’algues marines microscopiques. Les toxines que produisent ces algues s’accumulent dans les coquillages, ce qui les rend impropres à la consommation.

En Nouvelle-Écosse, il existe trois principaux types d’empoisonnement causés par les crustacés : intoxication par phycotoxine amnestique, intoxication par phycotoxine diarrhéique, et intoxication par phycotoxine paralysante. En général, ces intoxications sont causées par les algues dites diatomées.


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